
1971-1984… En treize années (les superstitieux
y verront un signe), les basketteuses de Roquebrune–Cap-Martin
ont accompli l’un des plus improbables exploits qui puissent
s’imaginer : accéder à l’élite senior
nationale en étant parti du plus petit niveau départemental …des
poussines !
Comment Robert Furgeri, l’homme par qui tout a commencé,
aurait-il pu imaginer que la section Basket de l’AS Roquebrune-Cap-Martin
se retrouverait ainsi un jour aux côtés des plus grands clubs
français ?
En 1971, la section qui venait d’être créée ne
reposait en effet que sur une quinzaine de jeunes filles âgées
de moins de douze ans, poussines et benjamines, entraînées par Robert
Furgeri, un passionné de basket venu de Menton et guère
plus âgé que ses joueuses.
C’était le temps où les entraînements avaient lieu à l’ancien « Cercle
Jeanne d’Arc », situé en plein cœur du quartier
de Carnolès, dans le bruit de la ville.
Mais il y avait autant de cœur que de potentiel dans ce petit groupe,
en particulier dans celui des poussines qui, pour leur première compétition,
terminèrent deuxièmes du championnat après avoir nettement
dominé leur poule de qualification : huit matches, six victoires ,
deux nuls. Ironie du sort (déjà !) : la qualification pour
la phase finale fut obtenue en battant…le Rapid Menton 9/4.
Les Roquebrunoises se firent « étriller » en finale départementale
par les PTT Nice 64/16. Avec quelques circonstances atténuantes relatées
dans la presse de l’époque : « N’ayant personne
pour les accompagner, les poussines durent aller à pied de la gare
de Riquier au gymnase Saint Roch, ce qui représente une trotte très
longue. Elles furent, de ce fait, très fatiguées au dernier
match contre l’ASPTT Nice qui ,de toute façon, était
meilleur que les Roquebrunoises ». Cette équipe était
constituée de Mlles Sylvie et Yannick Quero, Valérie
Boggetti, Corinne Fasiolo, Cathy Duperey, Sylvie
et Corinne Bensaïd, Aline Acqualini.
On retiendra aussi les noms de joueuses qui défendirent pour la première
fois les couleurs de Roquebrune dans la catégorie des benjamines,
Mlles Lottier, Zyskowski, Ramoino, Le Bayon, Pierrette Manas, M.Acqualeni.
C’est sur ces jeunes filles, sur leur entraînement et aussi sur
le tout premier président Alain Marfaing que s’être bâtie
une histoire.Une légende.
Six ans plus tard, Roquebrune disputait pour la première fois un championnat
senior, au plus bas niveau (honneur départemental) avec une équipe
essentiellement composée de cadettes où l’on retrouvait
trois des poussines de 1971, Sylvie Quero,Cathy
Duperey, Corinne Fasiolo.
Entre-temps, le club s’était structuré et développé sous
la conduite, toujours , de Robert Furgeri qui avait cependant
troqué le survêtement d’entraîneur pour le costume
de président.
La construction d’un gymnase avait permis de dynamiser le club dont
les effectifs avaient rapidement grimpé pour atteindre quelque quatre-vingt-dix
joueuses réparties dans sept ou huit équipes.
Quelques-unes de ces joueuses étaient même parvenues à se
faire un nom dans le basket régional et même national : Corinne Fasiolo sélectionnée
nationale, Gaby Valgelata, Patricia Nobilo et Corinne Robilliart sélectionnées
régionales, Chrystelle Restelli et Françoise
Marfaing pré-sélectionnées régionales.
Sous la conduite de Paul Bério, l’entraîneur, le groupe
roquebrunois allait simultanément s’illustrer en championnat
senior , grimpant régulièrement un échelon chaque saison
; et championnat et coupe de France cadettes.
Corinne Fasiolo était partie à Antibes évoluer
en Nationale 1 mais les Roquebrunoises continuaient à triompher
et à grimper.
Tant et si bien qu’elles se retrouvèrent pour la première
fois dans championnat de France, la Nationale 3, au terme d’une éblouissante
saison 80/81 : 21 matches, 21 victoires et une différence de points
de +872, un record dans le genre.
L’équipe conjointement dirigée par Paul Bério
et Christian David, était composée de Mlles Gabrielle
Valgelata, Chrystelle Restelli, Mitza
Laudato, Patricia Nobilo, Andrée
Perisi, Bernadette Santini, Monique Narice, Sylvie
Debarbat et Nathalie Ballestra.
La plupart de ces joueuses avaient été formées au club
tandis que Mlles Santini et Narice venaient
de Menton.
A l’orée de la saison 81/82, l’équipe roquebrunoise
retrouvait Corinne Fasiolo revenue « au bercail » en compagnie
de Véronique Delahaye qu ‘elle avait cotoyée à Antibes.
Le dernier étage de la « fusée Roquebrune » était
prêt à être lancé.
Au terme de la saison 1981/82, Roquebrune ratait l’accession à la
Nationale 2 pour …deux points dans un match de barrage.
Ce n’était que partie remise.
Au printemps 1983, le club roquebrunois était champion de France de
Nationale 3 et accédait donc à la Nationale2.
La saison suivante, Roquebrune accédait à la Nationale 1 et
se paraît d’un nouveau titre de champion de France.
La petite histoire retiendra que cette accession fut obtenue un …1er
avril !
Mais, ce jour-là, pas question de « gag ». En battant
Chalon dans leur salle du gymnase Decazes – rebaptisé depuis
du nom de Jacky Valgelata, dirigeant historique du club
trop tôt disparu – les Roquebrunoises rendirent réel ce
qui, à l’origine, n’était même pas un rêve.
Plutôt une utopie.
Les jours heureux allaient encore durer cinq ans avec même une sixième
place finale au cours de la saison 85/86.
Et puis vint le crépuscule et une double relégation ramenant
le club en Nationale 2 car, entre-temps, une division supplémentaire,
la Nationale 1B, avait été créée.
Depuis une douzaine d’années, Roquebrune s’est maintenu à ce
niveau, parfois difficilement, parfois avec brio comme la saison dernière
où l’équipe a terminé deuxième de son groupe.
L’objectif est aujourd’hui clairement affiché : remonter
en Nationale , la première division française non professionnelle,
juste derrière le championnat de Ligue réservé aux équipes
professionnelles et qui est, de ce fait, devenu inaccessible. Car, en vingt
ans, le basket a bien changé et ce qui fut possible dans les années
70/80 ne l’est certainement plus en raison des moyens financiers mis
en jeu.
Les actuels dirigeants du club en sont conscients. Plus que jamais, le « retour
aux sources », c’est-à-dire la formation des jeunes, est
indispensable pour assurer la pérennité d’un club regroupant
une centaine de membres et représenté dans les compétitions
départementales ou de Ligue dans toutes les catégories de jeunes,
des mini-poussines aux cadettes.
Lucien PLATANO
Les présidents
successifs du Club RCM Basket
Alain Marfaing, Robert Furgeri, Jean-Pierre Fasiolo, Henri
Orengo, Françoise Vanuccini, Paul Mercandalli, Hubert Marti,
Henri Allamandi, Lucien Platano.
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A sa création
en 1971, le basket était une section de l’Association Sportive
de Roquebrune-Cap-Martin, club omnisports créé à l’origine
pour la pratique du football et regroupant alors quasiment toutes les
disciplines pratiquées dans la commune.
Le club omnisports a disparu fin 1997 et seul le football continue à porter
le nom d’ASRCM.
Le basket, lui, a pris le nom de Roquebrune-Cap-Martin Basket et il est un
club totalement indépendant.
Le basket à Roquebrune-Cap-Martin
ne s’exprime qu’au féminin et ce depuis la création
de la section. Les quelques messieurs se situent uniquement dans l’encadrement,
dirigeants et entraîneurs à l’image de Robert Furgeri,
créateur et premier entraîneur de la section puis président
durant une dizaine d’années.
Le Club de Menton qui regroupait autrefois garçons et filles a accompli
une démarche exactement inverse : compétition masculine et
quelques dames dans l’encadrement.
Les deux associations sont ainsi parfaitement complémentaires et entretiennent
de très bonnes relations d’amitié.
